L’eau chaude court le long de son dos et rebondit sur ses fesses. Delphine se déplace pour sentir la chaleur sur son visage, ses seins et sa vulve, en faisant saillir son bassin. Elle écarte légèrement les jambes pour mieux sentir l’eau chaude, puis empoigne le pommeau de douche et le dirige vers son sexe entrouvert. Les petits jets produisent un délicieux massage sur ses lèvres et son clitoris. Elle sent le bas de son ventre s’alourdir sous l’afflux du sang qui fait gonfler sa vulve à vue d’œil. Elle écarte encore plus les jambes et effectue des va-et-vient afin de couvrir toute la zone entre ses cuisses, de l’anus à son clitoris à présent totalement érigé. Le visage levé, elle profite de cette chaude caresse à laquelle elle s’adonne tous les matins. Le plaisir monte. Elle s’interrompt brusquement : il ne s’agirait pas d’avoir un orgasme sans y prendre garde !

Elle quitte à regret la moiteur et s’apprête à se sécher en jetant un œil sur la pendule. Sapristi ! Déjà si tard ! (Même en pensée elle met un point d’honneur à ne pas dire de grossièretés.) Elle tamponne rapidement sa peau et s’enduit d’huile parfumée en s’inspectant minutieusement. Aucun poil, croupe ronde, tétons et vulve roses, parfait.

Elle sort vivement de la salle de bain, débloque le verrou de l’entrée, retourne dans le living, contourne le paravent et s’installe à quatre pattes sur le bord du lit.

Il est exactement l’heure.

Les muscles de son vagin se contractent, comme animés d’une vie propre. Elle tressaille à chaque bruit, tend ses fesses, passe un doigt sur sa vulve – même si elle n’a pas le droit – afin de vérifier qu’elle est bien ouverte. Oui, tout va bien, comme toujours, le pommeau de douche a fait son effet.

Elle se repasse les images de la veille pour se calmer et se préparer. Puis ouvre les yeux, s’impatiente. Elle finit par regarder l’heure. Comment peut-il être si tard !!

L’évidence s’impose, il n’est pas là. Et il ne viendra probablement pas. Elle vérifie fébrilement son téléphone. Peut-être n’a t’elle pas entendu le message? Elle garde espoir mais sent la faiblesse l’envahir. Rien. Aucun SMS. Le vide. Elle a froid tout à coup et se lève. Debout, elle sent un liquide couler le long de sa jambe : sa liqueur vaginale, inutile, s’échappe. Elle pleure de rage et de frustration. Quel malpoli !! Mais qu’a t’elle fait de mal ? Lui est-il arrivé quelque chose ? Elle trépigne et tourne en rond, allume une cigarette qu’elle éteint aussitôt. Elle déteste fumer le matin.

« Je vais être en retard au travail » dit-elle tout haut, sans bouger pourtant.

Elle ne comprend pas.

Que se passe-t-il ?

Son alarme « catastrophe retard » se met en route et la tire brutalement de son indécision. Elle s’habille en quatrième vitesse, n’importe comment pour une fois et court au bureau. Morose toute la journée et peu aimable avec ses collègues, elle peine à faire avancer ses dossiers.

De retour chez elle, elle se passe le film de leur dernière « séance » pour la énième fois.

Elle s’était postée à quatre pattes, frémissante. Elle avait entendu la porte s’ouvrir, se refermer et le verrou claquer. Le bruit de son manteau jeté en travers du divan, ses pas s’arrêter derrière elle, le zip de la braguette. Puis ses coups de langue qui lui arrachaient toujours des cris de surprise puis des gémissements et des roucoulements. Enfin le bruit de la capote qu’on déchire et son soupir lorsqu’il s’insérait en elle. Elle s’était cambrée bien gentiment, avait agité ses fesses et dit « oui encore ». Après avoir terminé, il avait flatté son dos, passé ses doigts sur sa chatte et dit « à demain ma jolie ». Comme d’habitude. Alors ?!!

Le lendemain elle fait une crise de larmes au bureau et doit prétexter une mauvaise nouvelle familiale pour s’expliquer. Cela lui fait du bien de se sentir soutenue par ses collègues.

Le surlendemain, personne n’ose l’interroger sur sa mauvaise mine : l’état de sa grand-mère ne s’est visiblement pas amélioré. A la fin de la journée, résignée, brisée, au moment où elle attrape son téléphone pour se plaindre à son amie Sophie que son amant l’a quittée, elle reçoit un message. C’est lui !

« A demain. Je viendrai un peu + tôt que d’habitude ». Comment ça ! J’y crois pas. Et c’est combien de temps avant, plus tôt !? Elle fulmine. Pas un mot d’excuse, rien ! Elle sanglote de soulagement. Et aussi de rage. Tu resteras à la porte, crie-t’elle sans en croire un mot. Elle regrette amèrement les quatre tablettes de chocolat et les deux paquets de madeleine engloutis dans les dernières quarante-huit heures et va vérifier prestement les dégâts dans le miroir de la salle de bain. C’est dans la tête, décide t-elle, bravache. Puis elle craque et s’administre quarante minutes d’exercices. « Comme si ça allait changer quelque chose, pfff ». 23h30. Il faut que je dorme. Elle va s’inspecter une fois de plus dans la salle de bain, ne trouve rien à redire à son épilation et décide donc de se faire un masque.

Elle se couche enfin, nue sous la couette, cuisses ouvertes. Il lui a interdit de se toucher. Oui mais avec les doigts ! Son esprit de juriste lui donne les astuces pour contourner la loi. Elle rallume et sort la boite de la table de nuit. Il faut qu’elle dorme vite. Elle choisit « rabbit » et se recouche frileusement. Elle enfonce l’objet tout badigeonné de lubrifiant. Cela fait plusieurs jours qu’elle n’a pas joui : en quelques minutes, affaire classée. Elle s’endort d’un sommeil agité.

Elle se réveille à 6h tapante, beaucoup trop tôt elle le sait déjà.

La voilà en position. Elle attend. Longtemps. Elle s’endort un peu. Va remonter le chauffage. Et puis il arrive ! Tout son corps se tend, ses oreilles bourdonnent. Les bruits familiers, sauf le zip. Il s’assoit sur le lit sans la toucher.

« Viens prés de moi » Elle s’assoit sur ses talons et pivote vers lui en le regardant avec de grands yeux. « Je t’ai manqué ? demande t’il. Elle rougit de colère et d’embarras. « oui » agressif mais coincé dans la gorge. Il sourit et lui caresse la joue, les cheveux. « vraiment beaucoup alors ? » « oui ! » plaintif et un peu timide. « C’est vrai ? Dis-le plus fort ». « Oui.Tu. M’as. Man. Qué. » Elle est excédée à présent. « C’est bien. Donne tes poignets. » Surprise, elle lève automatiquement les bras et le regrette tout de suite. Trop tard. Il sent son mouvement de recul. « Delphine. Voyons. » Il lie solidement ses poignets, tout en laissant ses mains et ses doigts libres de quelques mouvements. « Penche-toi » dit-il en ouvrant sa braguette et en sortant sa queue pour qu’elle le suce. Passablement contrariée, elle ne discute pas et le prend en bouche. Il semble apprécier. Après quelques minutes, il la relève. Ah! il va enfin s’occuper de moi, pense-t’elle. « Allonge toi sur le dos et écarte les cuisses. » Elle ne se fait pas prier et se cambre en soupirant pour lui faire bien voir son envie. Rien. Surprise par son immobilité, elle ouvre la bouche « Ne dis rien. »Il se lève et revient avec deux cordes. « Donne ta cheville gauche. Donne. » Elle donne. « La droite ».

Elle se retrouve jambes relevées cuisses totalement écartées, fesses et sexe offerts. Elle ne sait pas trop quoi en penser : il ne s’était jamais montré aussi entreprenant. Puis il s’approche et commence à la lécher. Elle se détend. Tout rentre dans l’ordre. Il est habile, elle le retrouve. Elle commence à gémir, le plaisir monte. Cette fois elle ne fait pas semblant, c’est vraiment bon, vraiment. Son esprit voyage. Elle s’imagine qu’ils pourront faire cela toute leur vie. Elle s’accommodera sans problème de cette petite perversité. Les hommes… Elle en tient un, enfin. A cette idée, son plaisir monte encore d’un cran, tout comme l’intensité des vocalises. Ça vient !

Plus rien. Il s’est arrêté !

Elle ouvre les yeux, scandalisée. Il ne la regarde pas, il regarde vers l’entrée. « Marc ! crie t-il, tu peux entrer, elle est prête! »

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